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LA RAVINE

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Le langage poétique dissout cette image toute faite nommée réel. Les mots ne comblent pas cet espace laissé vierge, mais le rendent disponible à la rencontre. Quand la trace de l’outil l’habite, le blanc de la page se fait corps, paysage et ravine ; le geste devient souffle.

Par cette béance, une source jaillit, disparaît, laissant à nu le sillon creusé par le passage des mots, source tendue dans sa course pour éprouver son existence même et sa résurgence.
Une voix se retient ; du même grain un chemin se dessine en silence. Le lecteur voit passer Catherine Lemire et Philip Doherty sans que le blanc ne se brise. D’occident en orient le blanc du papier et le noir de l’encre composent une musique unique et qui cependant se partage.

 

 

avant-propos : Andoche Praudel

maquette et couverture : Christoph Harbonnier

 

Catherine Lemire

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Catherine Lemire est née en 1969. Son parcours poétique a souvent fait écho à une démarche artistique. En 1997, elle se joint au peintre Akiko Toriumi pour la création des Papillons, livres-objets et blasons poétiques qui évoquent l’impermanence des formes (galerie Jacob, Paris). La même année, sa rencontre avec le sculpteur Bistra aboutit à un dialogue autour de la question de l’identité et du pouvoir de fascination du simulacre avec l’oeuvre Les Anonymes qui mêle ses textes aux gravures originales de l’artiste (galeries La Teinturerie à Paris et Rosa Turetsky à Genève). Elle réalise avec le peintre Annie-Paule Thorel une série de livres d’artistes autour du paysage, (galerie La Caserne, Paris 1998).
Cet échange se poursuit en 2005 avec la publication du livre Phantase-Un pas vers L’infini, qui interroge le geste photographique et le statut du modèle. Elle a également publié pour la revue de poésie Arpa (Terre et feux 2005). De sa longue amitié avec le peintre Philip Doherty rencontré en 1998, naît le recueil La Ravine. La Ravine est le lit enchanté, "entre l’aube et l’ombre", d’une "parole pleine" qui fraie son chemin à la découverte de "distances inconnues". Chaque poème du recueil est à la fois clos sur son mystère et ouvert sur l’appel de l’inouï à venir, arrêté et en mouvement. Et ainsi l’ensemble, à travers
le flux impétueux des mots et des images, esquisse comme un trajet narratif qui se scande en trois temps. Source dit le jaillissement, l’enfance d’une parole qui ne se trouve que pour se perdre un peu plus; Oubli en retrace l’enfouissement douloureux, "traversée de la terre" qui est aussi "course à l’abîme", en un parcours d’involution qui prépare en secret 1’ "ordalie": le retour d’un dire délivré et rédimé, renaissant
tel une eau vive dans Résurgence, espoir et promesse d’un nouveau départ apaisé.

 

Philip Doherty

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Philip Doherty est né en 1949, d’une mère française et d’un père originaire du Donegal. Il entre à l’Ecole nationale des Arts appliqués en 1966, puis à l’Ecole nationale des Beaux-Arts de Paris en Art monumental, il travaille dans les ateliers de Roger Plin, Etienne Martin, Jean Bertholle. Son besoin d’indépendance le rapproche d’artistes extérieurs à l’Ecole, comme Edouard Pignon.
En 1974, lors d’une exposition personnelle à Paris, il rencontre le critique d’art et poète Lucien Curzi, avec qui il réalise le livre Noire est la bouche du vin. Il travaille et expose régulièrement en Irlande. Mais perdure en lui le souci d’intégrer des oeuvres monumentales à la Cité en pleine transforma-tion, murs peints et fontaines publiques. En 1980, il réalise quatre décors pour le chorégraphe Serge Keuten. De l’amitié liée avec les céramistes Claude Champy, Jean-François Fouilhoux, Philippe Dubuc, naîtront les expositions Autour du céladon à la galerie Samedi à Monfort L’Amaury et Résonance à Montmagny. En 2011 il entre à l’Académie internationale des Arts Greci-Marino et del Verbano. Robert Guignet présentant son exposition Sahara tunisien écrit: "Philip Doherty a vu le désert du premier coup d’oeil, comme si l’artiste était par nature le voyant des choses cachées, comme si sa vision personnelle lui permettait d’aller au-delà des limites de la perception ordinaire." Ce besoin de repousser les limites contraignantes d’une vision trop vite acceptée est une constante. Dans le catalogue Paysages d’Ireland en 1991 pour la galerie Etienne de Causans, Lucien Curzi écrit à son propos : "On sait que la lumière a un double effet puisqu’elle révèle et foudroie. Elle a aussi l’avantage, en peinture, de retenir ce qui fuit et, par volonté humaine se transforme. Chez Philip Doherty, qui entretient une passion avec ce qui est sauvage, à l’écart, conflictuel, se livrer à une débauche de sentiments serait introduire un désordre artificiel. Il choisit donc la structure, qu’il juge essentielle à traduire ses alarmes, ses abandons, en dix mots comme en un, sa vérité."

 

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