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La Fièvre

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Il y a dans La Fièvre un peu de la dissection intime et sans complaisance de Kafka, mais aussi un peu de La Peste d'Albert Camus, de son cri d'alarme contre la contagion du mal, à ceci près que le malaise chez Shawn ne se projette pas à l'extérieur, ne s'étend pas à d'autres personnages.

Il se concentre sur la découverte tourmentée de cette espèce étrangère, dépouillée de tout, les pauvres, et sur cette conscience à laquelle il se heurte comme sur une pierre tombée sur le chemin de la rationalité : « La vie que je mène est corrompue. Elle n'a pas de justification ».

.............Lawrence Christon, Los Angeles Times.

 

 

.. .Traduction : Fabienne Moore

 


 

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© Don J. Usner

WALLACE SHAWN, né à New York en 1943, est auteur dramatique, acteur et essayiste. Né dans une famille de journalistes influents— son père fut l'éditeur du New Yorker — et diplômé d'Harvard et d'Oxford, Shawn est devenu une voix majeure du théâtre contemporain indépendant. Comme acteur, il a travaillé pour des réalisateurs tels que Bob Fosse (Que le spectacle commence1979), Woody Allen (Manhattan, 1979; Ombres et brouillard, 1991), Alan Pakula (Starting Over, 1979), Louis Malle (Atlantic City, 1980 ; Mon dîner avec André, 1981, dont il a écrit le scénario; Vanya, Vanya, 42e Rue, 1994), James Ivory (The Bostonians, 1984), Alan Rudolph (The Moderns, 1988) ou Sidney Lumet (Critical Care, 1997). En 2013, il a écrit et interprété pour le grand écran A Master Builder, d'après la pièce de Henrik Ibsen.


Son travail d'acteur a parfois occulté sa contribution décisive à l'écriture dramatique, notamment avec
Mary and Bruce (1978), Aunt Dan and Lemon (1985), The Fever (prix Obie 1991, décerné par "The Village Voice"), The Designated Mourner (1997), une adaptation pour Broadway de l'Opéra de quat'sous de Bertold Brecht et Kurt Weill (2006), ou encore Grasses of a Thousand Colors (2008). Un livre d'essais a également paru en 2009. Ces facettes contrastées sont le signe des talents multiples de Shawn et indiquent l'étendue de son registre de rôles et de voix.

 

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Depuis plus de dix ans, Sarah Grew crée des œuvres avec des techniques mixtes combinant la peinture, la photographie, le collage et des installations d'art environnemental. Elle a réalisé différentes commandes publiques et est présente dans de nombreuses collections privées. Son intérêt pour l'écologie l'a conduite à étudier le milieu naturel des plantes et à devenir apicultrice. Sarah Grew a également élaboré un projet en tant qu'artiste en résidence dans une entreprise de recyclage en Californie. Ses multiples voyages au Mexique, en Europe et dans le sud-est asiatique ont enrichi son travail du métissage des cultures.
Les œuvres créées pour La Fièvre sont conçues comme des « tableaux réponses », un dialogue avec le texte plutôt que comme des illustrations. Celles-ci sont réalisées à partir de virages photographiques et d'objets intégrés à de la peinture à l'encaustique.

Je suis en voyage, et je me réveille soudain avant l'aube dans le silence d'une chambre d'hôtel étrangère, dans un pays pauvre où on ne parle pas ma langue. Je tremble et frisonne. Pourquoi ? Quelque chose, quelque chose se passe, bien loin, dans un autre pays. Oui, je me souviens. C'est l'exécution. L'article de journal disait que ce serait l'heure, que c'est le jour.
Je suspends mon souffle. Ils sont donc venus, ils sont venus chercher l'homme couché sur son matelas, l'homme qui ressemble au chat, avec son visage si grand, si noir, que les gardes qui ouvrent sa cellule sont à nouveau choqués et prennent peur. Ils lui rasent la tête et un côté de la jambe, pour que les électrodes adhèrent bien à la peau.
Et maintenant les gardes l'amènent dans la pièce, et ils l'attachent à la chaise avec des lanières de cuir. Ils lui attachent les bras aux accoudoirs pour que les témoins ne le voient pas bouger, ses jambes liées aux pieds de la chaise. Est-ce que la panique monte dans le cœur de l'homme ? Un garde lui couvre la tête avec une capuche pour qu'aucun d'entre nous ne puisse voir sa souffrance, l'horreur, la distorsion de son visage. La peau qui boursoufle ! Tout ce qu'on peut voir est le corps qui se soulève légèrement sur la chaise.

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Lien vers l'édition bilingue "THE FEVER" / "LA FIEBRE"

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