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El alma oblicua / L'âme oblique

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La poésie ne se commente pas, ne se traduit pas, non plus qu’elle ne s’illustre - elle se rencontre.

 

C’est l’histoire de ce livre. La poésie de Vicente Cervera Salinas est précise, idéelle, ajustée comme l’anneau viennois. Et c’est elle, encore, qui vibre dans la vitalité des dessins de Julio Silva.

 

     Et puis il y a une rencontre primordiale : la lucidité, le réel en conscience – alors on risque beaucoup, on peut tout perdre, on peut être quitté. S’élève ainsi de ces vers une voix oblique qui interroge, prie, appelle et se réconcilie.

Préface : Françoise Morcillo

Traduction : Marie-Ange Sanchez et Pablo Lopez Martinez

Vicente Cervera Salinas

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La trajectoire poétique de Vicente Cervera Salinas (Albacete, Espagne, 1961) débute avec De aurigas inmortales, de la main de Parménide d'Elée. Ce recueil, paru en 1993, fut généreusement préfacé par Antonio Colinas. Vint en 2001 La partitura, un écho lyrique du périple réalisé à travers les terres américaines, de la Havane à Buenos Aires, et des paysages italiens. Deux ans plus tard, la maison Verbum publia El alma oblicua, traduite en italien (L’alma obliqua, Levante Editori, Bari, 2008) et en français dans la présente édition bilingue. Son dernier recueil, Escalada y otros poemas (2010) poursuit cet itinéraire à travers les chemins du vers et de la création. 

Vicente Cervera détient également la chaire de Littérature Hispano-américaine à l’Université de Murcie et a consacré de nombreux travaux à la poésie et à l’essai. Citons, parmi les plus significatifs, La poesía del logos (1992), El compás de los sentidos (1998) et El síndrome de  Beatriz en la literatura hispanoamericana (2006).

 

 

Julio Silva

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Argentin de naissance (Entrerríos, 1930) et français d’adoption, Julio Silva a produit une importante œuvre picturale, graphique et sculpturale en soixante ans de création. Son amitié de longue date avec Cortazar, « Julio pluma y Julio pincel », fut à l’origine de fécondes collaborations, notamment les textes-collage Dernier round, Le tour du jour en quatre-vingts mondes et Silvalandia. L’œuvre de Silva puise sa force dans un vaste spectre de références qui s’étend entre l’art primitif et les modernes Picasso et Klee. Reflets de cet artiste universel, ses expositions sillonnent la planète - Paris, Cordoue, Torano ou Buenos Aires, parmi les plus récentes - alors que ses sculptures décorent à Paris le Forum des Halles et La Défense.

Ce grand amateur de masques africains a donné vie à un univers esthétique où magie et fantaisie proposent une approche ludique et poétique de la réalité.

 

 

Al que quedó

Siempre hay alguien que se va.
Acarrea el peso de un encuentro
a deshora y, sin gemir, despide
las distancias, desgranando afueras.
Sube al barco y colabora en el desdén
universal, que nos hermana con el ser
del peregrino. Y favorece un tiempo
dilatado, inaccesible a los rencores
y al fracaso. Deja paso así
la envidia al generoso aliento de lo
que vendrá. El que se fue te
deja entre la piedra y la canción
un eco grávido, un poso hecho
de roca y melodía, que te lanza
y te detiene. No habrá lugar
para la faz del maldiciente
si ha sentido la partida como
parte de su ser. Ni la fracción
habrá ofrecido nunca tanta luz
como el entero. Ni lo disperso
tanto don como el global. Siempre hay
piedad y protección para el que parte
porque siempre está el lugar
del que quedó.

 

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A celui qui est resté

Il y a toujours quelqu'un qui s'en va.
Il porte le poids d'une rencontre
à contretemps, et sans gémir fait ses adieux
aux distances, et égrène l’ailleurs.
Il monte sur le bateau et participe à ce dédain
universel qui nous fait fraterniser
avec l'être du pèlerin. Il favorise un temps
dilaté, inaccessible aux rancoeurs
et à l'échec. L’envie cède ainsi
sa place au souffle généreux
de ce qui adviendra. Celui qui est parti
te laisse, entre la pierre et la chanson,
un lourd écho, un sédiment fait
de roc et de mélodie, qui t’emporte
et te retient. Il n'y aura pas de place
pour la face du médisant
tant qu’il aura senti ce départ
comme une partie de son être. Et la fraction
n'aura jamais offert autant de lumière
que l'unité. Ni jamais la dispersion
autant de dons que la globalité. Il y a toujours
pitié et protection pour celui qui s’en va
car il y a toujours le lieu
de celui qui est resté.

 

poema ca

 

 

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